
Du Funk au Popping : Talk avec Radio Biche
Le funk, c’est d’abord une pulsation : une basse et une batterie qui claquent sur le temps fort, popularisées par James Brown dans les années 1960. Mais le funk, c’est aussi le terreau de plusieurs danses de rue nées sur cette même pulsation, à quelques années d’écart, sur la côte ouest américaine. Popping, locking, breaking : trois danses distinctes, que le grand public a fini par mélanger dans une seule et même image. Vendredi 18 septembre, OKINKA anime avec Radio Biche un talk consacré au popping et au locking, pour remettre les pendules à l’heure : leurs origines, leurs codes, et ce qui les distingue vraiment. Avec Hamza et Franco, deux danseurs qui vivent cette culture au quotidien, pendant 1h.
Le Funk donne naissance à un pas « raté »
Tout part d’un accident. À la fin des années 1960 à Los Angeles, Don « Campbellock » Campbell tente un pas appelé « The Funky Chicken », et se bloque involontairement en plein mouvement. Le public rit, il répond du tac au tac en pointant du doigt : un geste qui deviendra l’une des signatures du style. Le « lock » est né. Alternance de mouvements rapides et d’arrêts brusques tenus, forte dimension théâtrale, interaction constante avec le public (sourires, high five, mimes) : le locking se danse traditionnellement sur du funk, James Brown en tête. En 1971, Don Campbell et Toni Basil fondent The Lockers, groupe pionnier de la street dance, qui inspirera directement les futurs poppers.
Fresno, matrice du popping
Quelques années plus tard et à quelques centaines de kilomètres de là, à Fresno, Sam Solomon, aka Boogaloo Sam, croise la route de Ticklin’ Will et Darnell McDowell. Ensemble, ils s’entraînent au Mary Ella Brown Community Center et posent les bases d’un nouveau style : le popping. La technique est précise, contracter puis relâcher brusquement les muscles pour créer un à-coup sec (un « hit », ou un « pop ») en rythme avec la musique. L’effet est mécanique, presque électrique. En 1977, Sam Solomon fonde officiellement The Electric Boogaloos avec son frère Timothy Solomon aka Popin’ Pete et son cousin Skeeter Rabbit. Le groupe s’installe à Long Beach en 1978, puis passe à Soul Train en 1979, où Don Cornelius présente leur danse comme « popping ou boogaloo » devant des millions de téléspectateurs.
Une même image, trois danses
Dans les années 1980, popping, locking et breaking se diffusent mondialement via les clips et les battles, mais c’est surtout le film Breakin’ (1984) qui grave dans l’imaginaire collectif l’idée d’un seul et même mouvement. Résultat : cinquante ans plus tard, on confond encore régulièrement les trois.
Pourtant chacune a son histoire, ses codes, ses figures. Aujourd’hui, popping et locking sont des catégories à part entière dans les battles internationaux (Juste Debout, Freestyle Session, Red Bull BC One), et les Electric Boogaloos ont reçu en 2012 un Lifetime Achievement Award des mains de Toni Basil elle-même.
Deux danseurs, deux villes
C’est cette histoire et son actualité, qu’Hamza et Franco viendront raconter, incarner et danser ! Hamza, danseur et professeur de danse bordelais spécialisé en popping, et Franco, danseur rennais qui pratique à la fois le locking et le popping, partageront leur parcours, leurs crews, et leur rapport à ces danses aujourd’hui.
Au programme : histoire, extraits musicaux, quiz participatif et échange avec le public pour comprendre comment la Funk a créé des univers de danse encore bien vivants aujourd’hui.
Venez en parler avec nous
OKINKA anime ce talk avec Radio Biche, vendredi 18 septembre à 18h30, au Centre Argonne Nansouty Saint-Genès (Bordeaux).
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