BO de When We Were Kings : Zaïre 74 et la musique comme lutte

Dans le cadre d’une archive OKINKA à la Villa Valmont à Lormont, lors de la fin de saison de l’Institut des Afriques, on vous propose de replonger dans la projection de When We Were Kings de Léon Gast. On revient sur un des temps forts de la lutte noire américaine, à travers une BO qui claque !

Un film, un combat, une époque

Sorti en 1996, When We Were Kings retrace le combat mythique entre Muhammad Ali et George Foreman en 1974 à Kinshasa. Mais derrière le ring, c’est tout un pan de l’histoire noire qui s’incarne : dignité, résistance, unité. On n’est plus dans le sport — on est dans une lutte de survie.

Le film replace le combat dans le contexte du Zaïre de Mobutu : d’un côté, les luttes afro-américaines pour les droits civiques ; de l’autre, un peuple zaïrois sous le joug d’une dictature. Deux formes d’oppression, une même aspiration à exister. Les corps noirs, souvent réduits à des objets de spectacle, reprennent ici leur place en tant que sujets de pouvoir.

Les deux titans

Ali est au sommet autant physiquement, que politiquement, que symboliquement. Partout où il va, il est adoré. Parce qu’il s’engage contre toutes les formes d’oppression, à commencer par la ségrégation aux États-Unis. Face à lui, Foreman : considéré à l’époque comme le boxeur le plus puissant du monde, mais perçu par beaucoup comme un pion de la machine américaine, celle qui n’a jamais cessé d’utiliser les corps noirs pour sa propre prospérité.

Zaïre 74 : le festival qui a tout changé

Du 22 au 24 septembre 1974, en marge du combat, se tient au stade du 20 Mai de Kinshasa le festival Zaïre 74. Coproduit par Hugh Masekela et Don King, il réunit plus de 50 000 personnes par jour pendant trois jours. Au programme : Miriam Makeba, James Brown, Franco & TP OK Jazz, Manu Dibango, The Supremes, Jackson Five, Bill Withers… Le funk, la soul, le blues et le jazz comme cris de dignité. Ce festival a été le pont entre les combats afro-américains et africains dans une cause panafricaine. Et il a avant tout donné naissance à la compilation Zaïre 74 : The African Artists.

Top 5 de la BO

James Brown — Say It Loud, I’m Black and I’m Proud

Abeti Masikini — Liwela

Miriam Makeba – Live

Franco & T.P. O.K. Jazz — Kasai

The J.B.’s — Doing It to Death

La BO est à elle seule une déclaration politique. Ces artistes ont accompagné les luttes pour les droits civiques, la fierté noire et la liberté des peuples, et ça s’entend dans chaque mesure.

À Bordeaux : entre mémoire et fête

Avant la projection, DJ Koyla a pris le booth, un set qui navigue entre classiques, raretés et percussions électroniques, pour faire dialoguer passé et présent, mémoire et fête, lutte et joie.

OKINKA était là pour documenter. Parce que ces moments, entre art, mémoire et musique, méritent d’être vus, entendus, archivés. C’est comme ça que se construisent les archives culturelles de demain.

À Bordeaux, des lieux comme la Villa Valmont et des initiatives comme celles de l’Institut des Afriques le prouvent : la mémoire noire est vivante, plurielle, et accessible. OKINKA est là pour en être le relais.

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