Catégorie : Focus Local

  • OKINKA Talks I Ninoska Espinola

    OKINKA Talks I Ninoska Espinola

    OKINKA Talks I Ninoska Espinola

    Dans le cadre des Escales, événement musical porté par le collectif CAADNA, OKINKA a rencontré Ninoska Espinola, chanteuse franco-chilienne pluridisciplinaire. De son héritage chilien à la rencontre des récits caribéens, elle raconte comment son univers musical s’est construit autour des questions d’identité et d’histoire. Une conversation qui traverse les territoires, les mémoires et les héritages afrodescendants, au croisement de la création artistique et des réalités sociales.

    Ninoska Espinola : une voix entre plusieurs mondes

    Ninoska porte une identité plurielle ; son parcours navigue entre cultures, langues et espaces. Franco-chilienne, perçue comme blanche, elle interroge aussi la place qu’elle occupe dans ces dynamiques et reconnaît les privilèges qui peuvent en découler, en se positionnant de manière consciente et engagée dans les luttes décoloniales. Dans cet entretien, elle revient sur la manière dont ces circulations façonnent sa musique et sa façon de chanter le monde.

    Au fil de la discussion, elle évoque la place des femmes afrodescendantes dans les industries culturelles, les injonctions liées à la représentation, mais aussi la force des communautés qui se construisent en marge de la société chilienne.

    Décoloniser la musique et créer comme acte politique

    Ce premier talk des Escales de CAADNA met en lumière une conviction forte : la décolonisation de la musique est globale et les récits sont pluriels. La musique de Ninoska devient alors un espace de réparation, de réappropriation et de résistance, notamment à travers un travail autour du Black History Month et des réflexions sur la décolonisation des musiques en Amérique du Sud.

    Elle partage également ses interrogations sur la transmission : comment préserver les héritages culturels tout en inventant de nouvelles formes ? Comment rester fidèle à ses racines sans s’y laisser enfermer ?

    OKINKA Talks x CAADNA : faire circuler les voix à Bordeaux

    Cette rencontre s’inscrit dans une volonté commune de CAADNA et d’OKINKA : créer des espaces d’écoute pour les voix afrodescendantes, sans filtre ni simplification. Ces temps d’échange rappellent la nécessité de lieux dédiés aux artistes africain·es et afrodescendant·es, dans toute la complexité de leurs trajectoires et de leurs créations à Bordeaux.

    Découvrez ici, d’autres initiatives bordelaises afro-descendantes !

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  • Jagaban, le rendez-vous afro-caribéen à Bordeaux

    Jagaban, le rendez-vous afro-caribéen à Bordeaux

    photo soirée Jagaban


    Chez Okinka, nous soutenons les initiatives culturelles et musicales émergentes, en particulier celles qui valorisent la culture afro-descendante et offrent visibilité et légitimité à des communautés encore trop souvent invisibilisées. C’est dans cet esprit que nous avons rencontré Charlotte et Khazy, fondateur·rices de Jagaban, un collectif qui promeut la culture afro-caribéenne à Bordeaux à travers des soirées fédératrices et inclusives.

    Des soirées qui rassemblent

    Mettre en avant les cultures afro-descendantes tout en proposant un lieu d’accueil ouvert à toutes et tous : c’est le pari de Jagaban. Le collectif attire aujourd’hui plus de 250 personnes à chacune de ses soirées. Dernier événement en date : le réveillon du Nouvel An au Lieu Chéri, qui a réuni la communauté Jagaban une dernière fois avant le passage à la nouvelle année. Okinka était présente pour l’occasion, et l’ambiance était électrisante. Comme le dit Khazy : « On voulait organiser des soirées qui nous ressemblent : des soirées safe où tout le monde est libre de danser. » On compte bien y aller pour la soirée anniversaire !

    Une initiative née d’un besoin

    Tout est parti d’un constat partagé : les soirées afro-caribéennes peinent à s’inscrire durablement dans le paysage nocturne bordelais. Les membres des diasporas afro-caribéennes recherchent des événements qui leur ressemblent, tandis que les espaces festifs de la ville semblent souvent les oublier. Face à ce besoin de représentation et de fédération, Khazy et Charlotte ont décidé en 2023 de créer leur collectif indépendant : Jagaban.

    « On voulait organiser des soirées qui nous ressemblent : des soirées safe où tout le monde est libre de danser », raconte Khazy. »

    Un nom, une vision collective

    « Jagaban », en haoussa, signifie « le patron », « le leader qui mène au combat ». Loin de toute idée de confrontation, le terme incarne avant tout une volonté commune : créer des soirées de référence pour les amateur·rices de musiques afro-descendantes. Comme l’explique Charlotte : « En nommant notre collectif Jagaban, on voulait appeler toute la communauté afro à se joindre à nous pour valoriser nos cultures. Entre Antillais, Sénégalais ou Congolais, nos cultures sont liées par des racines communes. »

    Amapiano, kompa, afrobeats ou bouyon : le répertoire musical afro-descendant est vaste et reflète la diversité des cultures caribéennes et des diasporas africaines.

    « Il existe une grande communauté afro à Bordeaux, précise Khazy. Il y avait déjà quelques soirées et lieux afros à Bordeaux, mais on repassait souvent les mêmes sons. On a voulu proposer quelque chose de différent, qui mette en lumière tout le riche répertoire afro-caribéen. »

    Une programmation musicale variée et locale

    Le répertoire musical afro-descendant est vaste et reflète la diversité des cultures caribéennes et des diasporas africaines. Khazy précise : « Il existe une grande communauté afro à Bordeaux. Il y avait déjà quelques soirées et lieux afros à Bordeaux, mais on repassait souvent les mêmes sons. On a voulu proposer quelque chose de différent, qui mette en lumière tout le riche répertoire afro-caribéen. »


    Le collectif collabore exclusivement avec des DJ locaux, de toutes générations et esthétiques, parmi lesquels BabyChan, Ryuk ou Wokeup. Au-delà de la musique, leurs soirées proposent des prestations gratuites pour les premier·es arrivé·es : food, poses de gems ou soins de barber. En novembre 2025, Jagaban a également organisé son premier brunch au restaurant caribéen BBC (Big Black Cook), mêlant quiz et blind tests autour des cultures afro-descendantes.

    « Avec nos soirées, on voulait surtout offrir aux Jagabans le sentiment d’être dans une fête de famille », explique Khazy.

    Pour valoriser la culture afro-caribéenne, Jagaban propose une programmation d’artistes locaux et variés : BabyChan (l’une des rares DJ bordelaises à proposer une musique afro-brésilienne), Ryuk (artiste de la scène afro-rap) ou encore Wokeup, qui mêle hip-hop, musiques afro, shatta et baile funk. Le collectif travaille exclusivement avec des DJ locaux, de toutes générations et avec diverses esthétiques musicales.

    Trouver sa place dans la nuit bordelaise

    Soucieuses de proposer des événements accessibles à toutes et tous, les premières soirées Jagaban ont lieu au Break, un club aujourd’hui fermé, situé près de la place de la Victoire, rue Sainte-Catherine. Aucun dress code imposé : chacun·e vient comme il ou elle veut.

    « Faire nos soirées au Break, c’était un bon début car l’adresse était centrale, raconte Charlotte. Mais on s’est vite rendu compte qu’on n’accordait pas aux soirées afro-caribéennes les mêmes lieux qu’aux autres collectifs. »

    Si la scène de musiques électroniques bordelaise, notamment house et techno, s’est largement développée ces dernières années, les musiques afro-descendantes restent encore en marge. La création de collectifs comme Jagaban participe ainsi à la reconnaissance de ces cultures, à la création d’espaces d’échange pour la communauté afro et rendre visible la pluralité des artistes afro-descendant•es de la ville.

    Une année 2026 prometteuse

    Trois ans après leur première soirée, Jagaban s’impose progressivement sur la scène musicale bordelaise. Le collectif investit aujourd’hui des lieux comme le Lieu Chéri, dans le quartier de Belcier, ou le Radisson Blu, près de Bacalan. À ce jour, plus d’une vingtaine de soirées ont été organisées. « Avec nos soirées, on voulait surtout offrir aux Jagabans le sentiment d’être dans une fête de famille, » explique Khazy.


    L’année 2026 s’annonce particulièrement riche pour Jagaban, avec l’annonce de soirées mensuelles au Lieu Chéri. Okinka suivra de près et continuera de soutenir ce collectif émergent de la scène culturelle bordelaise.Le collectif fêtera ses 3 ans le 21 février 2026, et nous avons déjà hâte de célébrer cet anniversaire avec eux.

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