Auteur/autrice : Amalia Ninine

  • Le KAYAMBA CLUB, un rendez-vous afro-électro à Bordeaux

    Le KAYAMBA CLUB, un rendez-vous afro-électro à Bordeaux

    Le KAYAMBA CLUB, un rendez-vous afro-électro à Bordeaux

    Ce 14 août, Bien Public accueille une soirée inédite 100 % Océan Indien. De minuit à six heures du matin, découvrez le Kayamba Club et ses artistes qui mettent à l’honneur les îles de la Réunion et de Mayotte. Au programme : musique électro et dancefloor en feu : c’est le rendez-vous de l’été !

    Cet été, le Kayamba Club traverse la moitié du globe pour une tournée inédite en Hexagone et en Angleterre : Kayamba Tour FR + UK. Si ce collectif d’artistes n’en est qu’à ses débuts sur la scène internationale, il est d’ores et déjà considéré comme incontournable sur les îles de la Réunion et de Mayotte.

    Qu’est-ce que le Kayamba Club ?

    Projet né à Mayotte puis exporté à La Réunion, le Kayamba Club est un collectif musical qui met à l’honneur les îles de l’océan Indien. Depuis 2017, il offre un espace d’échange et de rencontre aux artistes et acteurs de l’industrie musicale locaux, qui travaillent ensemble vers un seul but : valoriser les musiques afrodescendantes.

    Entre traditionnel et moderne, DJ Psychorigid, Sleepytamashi et Luminesceance proposent des sets hommages aux musiques de l’océan Indien, un mélange de sonorités créoles, asiatiques et africaines, sur fond de bass music. Les membres du collectif partagent une vision commune : créer une musique essentiellement pensée pour le dancefloor.

    Kayamba Records, le label derrière le son

    Bras discographique du collectif, Kayamba est devenu au fil des années un label de musiques électroniques, où les sons d’aujourd’hui rencontrent les traditions musicales de l’océan Indien. Avec ses compilations Digital Ngoma, Kayamba Records agit pour la préservation du patrimoine de Mayotte. C’est sous ce label que sont sortis les derniers projets de DJ Psychorigid et SleepyTamashi, et c’est cette même vision, indépendante, ancrée et tournée vers le dancefloor, que le collectif vient défendre à Bordeaux.

    Pour les artistes du Kayamba Club, cette tournée en Hexagone est l’occasion de présenter leurs derniers projets respectifs. DJ Psychorigid n’en est pas à ses débuts : DJ depuis 15 ans, il est l’un des membres fondateurs du collectif. À la fois DJ et producteur, son dernier projet Untraditional Tropikalkor Music (juillet 2026) illustre sa démarche artistique : une musique intense et résolument indépendante, portée par un engagement assumé.

    SleepyTamashi découvre la musique à travers la danse hip-hop. D’abord danseur puis producteur, il rejoint le collectif en 2019 comme DJ et affirme rapidement son style. Il joue avec de grands noms de la scène rap comme Josman, Luidgi ou GREG. Son dernier projet Zenfan Demoun (décembre 2025) est une consécration de son univers, jouant sur les rythmes binaires et ternaires et les codes musicaux.

    Débutant comme musicien de jazz, Luminesceance troque son saxophone pour les platines électro à la suite de son expérience chez Rinse France. En 2022, il rejoint le Kayamba Club après son installation à La Réunion. Fort de son passage sur Rinse, il affine son style et propose aujourd’hui des morceaux innovants, voyageant librement entre les genres musicaux.

    Kayamba connecte avec la diaspora : spécial guest Stella Moris

    Après avoir fait bouger le Bar Gallia (Paris-Pantin) et un passage chez leurs amis du collectif Digita Ngeche à Manchester, c’est à Bien Public à Bordeaux fait une nouvelle escale. Cette étape est marqué par l’invitation d’une guest locale : Stella Moris. DJ et engagée sur les récits historiques et musicaux de l’océan indien, Stella Moris propose un son hybride mais ancré profondément dans son héritage culturel. On note son émission Ler Dite Média, hébergée sur la radio Clé des Ondes, qui retracent les histoires oubliées de l’Océan indien.

    Plus qu’un collectif artistique, les membres de Kayamba Club militent ensemble pour une vision libre et décomplexée des musiques électroniques. Finalement, une musique en constante mutation.

    Ainsi, cette soirée 100 % Océan Indien sous le signe de la danse et du lâcher-prise : c’est la date à noter pour tous les amateurs de musiques afrodescendantes à Bordeaux. → Billetterie

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  • Adetoundji : le musicien guadeloupéen revenu au pays

    Adetoundji : le musicien guadeloupéen revenu au pays

    Portrait Adetouni ©️ Astrid Lagougine

    Rencontre avec Adetoundji, le chanteur revenu au pays

    L’équipe Okinka met en lumière les artistes africain·es et afro-descendant·es à travers tout le territoire. Dans cette série d’articles Yékri Yékra, Amalia Ninine s’est rendue en Guadeloupe, à la rencontre d’artistes qui valorisent la culture créole, fruit d’un héritage riche et pluriel. Ce deuxième portrait est consacré à Adetoundji, un artiste guadeloupéen qui a fait de ses voyages une source d’inspiration pour sa musique.

    Un enfant du pays

    Pour rencontrer Adetoundji, nous nous sommes rendues au cœur des Grands-Fonds, une région vallonnée qui relie les villes de Sainte-Anne et du Gosier. Arborant un pendentif massif du continent africain qui se mêle à ses locks, le chanteur nous accueille dans la maison qu’il occupe depuis son retour de métropole. Entourée de nature, la maison en bois où s’engouffre l’air de la vallée ressemble à un lieu paradisiaque, hors du temps. « Quand tu vis ici, tu ne peux qu’aller bien, regarde la vue ; être entouré de nature comme ça, c’est je pense ce à quoi on aspire tous », affirme-t-il, accoudé à la fenêtre.

    Portrait Adetoundji ©️ Astrid Lagougine
    Portrait Adetoundji ©️ Astrid Lagougine

    Né à Pointe-à-Pitre, Adetoundji a vécu plus de 24 ans en Guadeloupe, avant de déménager en région parisienne où il restera une vingtaine d’années. « J’ai toujours eu pour projet de revenir en Guadeloupe, mais je devais rester pour ma fille. Maintenant qu’elle est majeure et qu’elle n’a plus besoin de son papa sur place, j’ai décidé de revenir dans mon pays qui me manquait tant », explique l’artiste.

    De retour sur l’île aux belles eaux, Adetoundji occupe une grande partie de ses journées à la musique. Composition, interprétation et mixage : l’artiste a de nombreuses casquettes. Mais ce que préfère le musicien, c’est la scène. « La musique pour moi c’est le live », affirme-t-il. « C’est ce lien si important avec le public qui me fait vibrer. Je vais même te dire, parfois, quand je joue sur scène, j’ai comme l’impression que mon esprit quitte mon corps. Je rentre en transe et c’est dingue ! »

    La fraternité antillaise

    Sur scène comme dans la vie, Adetoundji met fièrement en avant la culture de son île — mais pas que. Chaque échange, rencontre ou concert est l’occasion de réunir les différentes communautés des Antilles. « Notre culture est une des plus riches qui existe », affirme-t-il. « Nous sommes issus d’un mélange de cultures et de traditions tellement fort et entremêlé que même la barrière de la langue ne peut effacer notre histoire commune. »

    Cette « créolisation » de la musique, c’est un peu la signature de l’artiste. Et il met un point d’honneur à intégrer dans chacun de ses morceaux du ka, l’instrument emblématique de la Guadeloupe.

    Le ka, un instrument fédérateur

    « Il y aura toujours du ka dans mes sons. C’est l’essence de la Guadeloupe », affirme Adetoundji. Si le tambour reste un incontournable des fêtes de famille guadeloupéennes, il est trop souvent délaissé par les artistes modernes. Mais aujourd’hui, la jeune génération de musicien·nes retrouve peu à peu un intérêt pour l’instrument et l’intègre dans sa musique.

    https://www.instagram.com/p/DRbQSYSDiY0

    Pour Adetoundji, ajouter du ka dans ses morceaux — comme dans Si Lilèt La, son dernier single, qui apparaîtra sur album à venir EKLEKTIK — c’est mélanger le traditionnel au moderne. Pour lui, c’est ça l’avenir de la musique en Guadeloupe. « C’est vraiment beau ce qui se passe en ce moment. Les jeunes se mettent à redécouvrir le ka. Ils apprennent à jouer, à danser et ça redynamise l’intérêt autour de cet instrument. » Il va plus loin : « C’est une véritable transmission d’héritage qui se passe. Le ka a toujours été là. Et avec cette nouvelle génération, il continue non seulement d’être utilisé, mais il continue d’évoluer ! »

    Un artiste militant

    Avec sa musique, Adetoundji s’adresse à tout le monde, mais surtout aux Antillais·es. « Je pense que c’est important de transmettre notre culture, de la partager. Mais il faut surtout se souvenir que cette culture, cet héritage de nos ancêtres, c’est ce qui nous réunit tous. On a besoin de conserver cette fraternité, aujourd’hui plus que jamais. »

    Alors que le climat de violence en Guadeloupe grandit d’années en années, l’artiste ne désespère pas. « La musique peut sauver des vies. Il y a de l’espoir, si on arrive à atteindre ce point de bascule, c’est gagné. Mais pour ça il faut absolument des structures, des centres qui accueillent ces jeunes et leur montrent la puissance de la musique. »

    Militant jusque dans son art, Adetoundji profite de chaque performance pour déclarer son amour à son île. Et pour lui, il devient impératif de créer davantage de structures autour de la musique. « Ce qu’il manque ici ? Une école panafricaine. » Créer une telle école permettrait selon lui aux jeunes de comprendre et de connaître les racines de leur culture. « Il y avait un projet qui devait aboutir en 2021, mais l’État s’y est opposé, et aujourd’hui tout est un peu flou. Il existe des associations pour les jeunes qui vont dans ce sens, comme l’association Racines, mais encore trop souvent il y a un manque de budget. »

    Portrait Adetoundji ©️ Astrid Lagougine
    Portrait Adetoundji ©️ Astrid Lagougine

    Comme beaucoup de Guadeloupéen·nes, Adetoundji milite pour la création d’instituts qui proposent à la fois des cours de violon, de piano et de saxophone, mais aussi et surtout qui mettraient à l’honneur les cultures créoles, en instaurant des cours de danse et d’instruments locaux. Des établissements à échelle humaine, qui travaillent ensemble à promouvoir les cultures des Antilles.

    L’importance de transmettre

    « Dans mes morceaux, je ne parle que créole. Que ce soit dans mes titres Mèsi, Love la ke turn ou encore Tou sel, c’est très important pour moi de parler créole parce que certains morceaux ne peuvent se chanter qu’en créole. Les émotions, le message, c’est super important parce que je m’adresse à l’entièreté du peuple antillais, et le créole est ce qui réunit. »

    Lorsqu’on lui demande comment conclure, il insiste : « La clé de la préservation, c’est la transmission de l’histoire de nos îles aux futures générations. L’île de la Guadeloupe est belle, riche et mérite qu’on lui écrive des chansons d’amour. J’aime mon île, j’aime ses habitant·es, mes frères et sœurs, alors j’espère écrire encore longtemps pour eux. » La main posée sur le fauteuil de sa mère qui trône au milieu de la pièce, il conclut : « J’ai ma bonne étoile qui veille sur moi, et je sais que d’où elle est, elle me regarde et me protège. Alors je vais le dire : je vais encore écrire beaucoup de chansons pour mon pays. »

    Le regard tourné vers la fenêtre, il observe, sourire en coin, ce paysage sauvage qui lui a tant donné, et dont il puisera encore son inspiration.

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  • Rencontre avec ALOMAN, le vendeur de soleil

    Rencontre avec ALOMAN, le vendeur de soleil

    Rencontre avec ALOMAN, le vendeur de soleil

    L’équipe Okinka met en lumière les artistes africains et afro-descendants quels que soient leur pays ou leur région. Dans cette nouvelle série d’articles Yékri Yékra, Amalia Ninine et Astrid Lagougine se sont rendues en Guadeloupe, à la rencontre d’artistes qui valorisent la culture créole, fruit d’un héritage riche et pluriel. Ce premier portrait est consacré à Aloman, artiste emblématique de la scène musicale guadeloupéenne.

    Le destin d’un jeune guadeloupéen

    Très tôt, la musique devient un langage commun pour Aloman : « J’écoutais les mêmes choses que ma mère, on partageait ça. » Mais c’est lors d’un voyage en Côte d’Ivoire avec son père que tout bascule : « On était en voiture, en direction de la basilique de Yamoussoukro, et un morceau de MC Solaar est passé à la radio. Je crois que c’est à ce moment-là que je me suis dit que je voulais devenir artiste. »

    « À l’âge de 5 ans, on m’a mis une guitare dans les mains. J’avais un morceau qui tournait dans ma tête, alors avec l’aide de ma mère, je l’ai écrite – je l’ai encore en mémoire aujourd’hui ».

    Aloman et Amalia – © Astrid Lagougine

    Une passion dévorante

    Sa première scène arrive à l’âge de 15 ans et très vite, il ne pense plus qu’à en faire son métier. Avec DC Stratégik, son frère de coeur, il passe ses journées à imaginer des mélodies avec un objectif en tête : « chaque chanson, on l’écrivait avec la volonté que ce titre retourne la place, on voulait sortir LE morceau qui allait cartonner. »

    Portrait Aloman – © Astrid Lagougine

    Un sourire sur le visage, Yonel, évoque ses débuts, le souvenir d’une Guadeloupe où devenir artiste était un vrai défi. « À l’époque pour percer, il fallait absolument faire du live. Pour faire connaître un son, il fallait en parler ; la puissance du bouche-à-oreille à l’époque, c’était fou ! » se souvient-il — « il fallait faire du bruit ! Aujourd’hui, ce constat a évolué car « avec les réseaux et les plateformes c’est plus simple. »

    Une musique créole entre héritage et modernité

    Pour composer, l’artiste s’inspire de la dancehall, genre très populaire dans les années 2010 en France. Mais il puise surtout son inspiration dans les musiques traditionnelles antillaises. Le zouk, le kompa ou encore le reggae nourrissent son univers artistique, comme un cycle culturel sans fin.

    Accompagné de son acolyte de toujours DC Stratégik, Aloman collabore avec plusieurs artistes antillais•es, notamment Lyrical Teworist ou Guerilla Mixtape, avant de composer ses propres morceaux. Du single ASOS à Yélélé (en collaboration avec Billix), Aloman s’impose petit à petit dans le paysage musical antillais. Mais ce qu’il préfère, c’est la scène !

    « À chaque performance, je me souviens pourquoi je fais ce métier. Ce lien si spécial avec le public, c’est un trésor à chérir. » — Aloman

    Un hommage à la Guadeloupe

    Se ranger dans un seul style ? Ce n’est pas une option pour l’artiste, qui refuse de se cantonner à une seule de case. « La musique antillaise est très variée, parce qu’elle est issue de plusieurs influences musicales et de différentes cultures » explique Yonel. Il rajoute : « notre diversité est une fierté, et il faut la promouvoir ! ».

    Lorsqu’on lui demande quels sont les artistes qui l’inspire, des noms fusent
    allant de Booba (l’album Lunatic), en passant par Patrick St Eloi (le musicien du groupe iconique Kassav’). Toutes ses figures majeures qui ont bercé son adolescence mais ont aussi à des échelles différentes mis en avant des cultures et communautés marginalisées en France.

    Aloman souligne le paradoxe du Zouk, massivement écouté et salué dans le monde, mais parfois méprisé dans son propre pays…

    « En Côte d’Ivoire, il faut savoir que le zouk est très écouté. Ils en diffusent tous les jours à la radio. Ça m’a surpris, je ne m’y attendais pas. En France, notre musique est peu reconnue, alors que dans le reste du monde elle explose ! ».

    Dans sa musique, l’artiste rend donc hommage à sa culture et rend visible ce qu’on occulte depuis des décennies. Dans son processus de création, ses sons, le style, les instru‘ et les paroles de chaque morceau sont pensés et travaillés de façon très minutieuse.

    Portrait Aloman -© Astrid Lagougine
    Portrait Aloman – © Astrid Lagougine

    « Quand je compose un morceau, je peux travailler non stop dessus pendant des jours. Parfois j’ai 3 sons qui me tournent en tête, parfois un seul. Je prend vraiment le temps de bien écrire chaque musique. Je travaille 80% du morceau, et je garde les derniers 20% pour le studio, pour laisser la place à la spontanéité. J’ai toujours travaillé comme ça. »

    La musique comme outil de transmission

    Dans ses morceaux, Aloman chante exclusivement en créole. Un parti-pris que le chanteur revendique haut et fort : « chanter en créole pour moi, c’est vraiment rendre hommage à la culture qui m’a bercé depuis petit. Et puis, certaines chansons ne peuvent être écrites QUE en créole, tout traduire atténue les émotions ».

    Dans un climat où la violence ne cesse d’augmenter en Guadeloupe, l’artiste tend une main amicale à son auditeur.« Aujourd’hui en 2026, je peux dire que je cherche à viser tout le monde, toutes les générations. À mon niveau, je veux distribuer du love à tous, et surtout aux Guadeloupéens, qui en ont vraiment besoin. » déplore l’artiste.

    « Mon objectif ? Vendre du soleil aux gens qui m’écoutent ! »

    « Vendre du soleil » : une vision artistique et engagée

    Un appel à l’apaisement et surtout à un retour du Love. « Il y a encore un espoir ; les gens ici n’y croient plus – avec tous les problèmes d’eau, de pauvreté ou de violence. Alors avec ma musique, j’aspire à donner un peu de soleil au monde ».

    Portrait Aloman -© Astrid Lagougine
    Portrait Aloman – © Astrid Lagougine

    Au fil des années, Aloman a su imposer sa musique et transmettre des messages que seul la musique peu passer. Ce processus de transmission de la culture guadeloupéenne, Aloman le porte aussi pour les prochaines générations.

    À celles et ceux qui hésitent dans leur parcours artistiques, il répond sans détour : « vas au bout, essayes, casse-toi la gueule et relève-toi. Mais surtout n’hésites jamais à sortir des cases et à créer quelque chose qui te ressemble. Ta musique, c’est ton CV, alors crée quelque chose dont tu sois fier toute ta vie, c’est important ! »

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  • Jagaban, le rendez-vous afro-caribéen à Bordeaux

    Jagaban, le rendez-vous afro-caribéen à Bordeaux

    photo soirée Jagaban


    Chez Okinka, nous soutenons les initiatives culturelles et musicales émergentes, en particulier celles qui valorisent la culture afro-descendante et offrent visibilité et légitimité à des communautés encore trop souvent invisibilisées. C’est dans cet esprit que nous avons rencontré Charlotte et Khazy, fondateur·rices de Jagaban, un collectif qui promeut la culture afro-caribéenne à Bordeaux à travers des soirées fédératrices et inclusives.

    Des soirées qui rassemblent

    Mettre en avant les cultures afro-descendantes tout en proposant un lieu d’accueil ouvert à toutes et tous : c’est le pari de Jagaban. Le collectif attire aujourd’hui plus de 250 personnes à chacune de ses soirées. Dernier événement en date : le réveillon du Nouvel An au Lieu Chéri, qui a réuni la communauté Jagaban une dernière fois avant le passage à la nouvelle année. Okinka était présente pour l’occasion, et l’ambiance était électrisante. Comme le dit Khazy : « On voulait organiser des soirées qui nous ressemblent : des soirées safe où tout le monde est libre de danser. » On compte bien y aller pour la soirée anniversaire !

    Une initiative née d’un besoin

    Tout est parti d’un constat partagé : les soirées afro-caribéennes peinent à s’inscrire durablement dans le paysage nocturne bordelais. Les membres des diasporas afro-caribéennes recherchent des événements qui leur ressemblent, tandis que les espaces festifs de la ville semblent souvent les oublier. Face à ce besoin de représentation et de fédération, Khazy et Charlotte ont décidé en 2023 de créer leur collectif indépendant : Jagaban.

    « On voulait organiser des soirées qui nous ressemblent : des soirées safe où tout le monde est libre de danser », raconte Khazy. »

    Un nom, une vision collective

    « Jagaban », en haoussa, signifie « le patron », « le leader qui mène au combat ». Loin de toute idée de confrontation, le terme incarne avant tout une volonté commune : créer des soirées de référence pour les amateur·rices de musiques afro-descendantes. Comme l’explique Charlotte : « En nommant notre collectif Jagaban, on voulait appeler toute la communauté afro à se joindre à nous pour valoriser nos cultures. Entre Antillais, Sénégalais ou Congolais, nos cultures sont liées par des racines communes. »

    Amapiano, kompa, afrobeats ou bouyon : le répertoire musical afro-descendant est vaste et reflète la diversité des cultures caribéennes et des diasporas africaines.

    « Il existe une grande communauté afro à Bordeaux, précise Khazy. Il y avait déjà quelques soirées et lieux afros à Bordeaux, mais on repassait souvent les mêmes sons. On a voulu proposer quelque chose de différent, qui mette en lumière tout le riche répertoire afro-caribéen. »

    Une programmation musicale variée et locale

    Le répertoire musical afro-descendant est vaste et reflète la diversité des cultures caribéennes et des diasporas africaines. Khazy précise : « Il existe une grande communauté afro à Bordeaux. Il y avait déjà quelques soirées et lieux afros à Bordeaux, mais on repassait souvent les mêmes sons. On a voulu proposer quelque chose de différent, qui mette en lumière tout le riche répertoire afro-caribéen. »


    Le collectif collabore exclusivement avec des DJ locaux, de toutes générations et esthétiques, parmi lesquels BabyChan, Ryuk ou Wokeup. Au-delà de la musique, leurs soirées proposent des prestations gratuites pour les premier·es arrivé·es : food, poses de gems ou soins de barber. En novembre 2025, Jagaban a également organisé son premier brunch au restaurant caribéen BBC (Big Black Cook), mêlant quiz et blind tests autour des cultures afro-descendantes.

    « Avec nos soirées, on voulait surtout offrir aux Jagabans le sentiment d’être dans une fête de famille », explique Khazy.

    Pour valoriser la culture afro-caribéenne, Jagaban propose une programmation d’artistes locaux et variés : BabyChan (l’une des rares DJ bordelaises à proposer une musique afro-brésilienne), Ryuk (artiste de la scène afro-rap) ou encore Wokeup, qui mêle hip-hop, musiques afro, shatta et baile funk. Le collectif travaille exclusivement avec des DJ locaux, de toutes générations et avec diverses esthétiques musicales.

    Trouver sa place dans la nuit bordelaise

    Soucieuses de proposer des événements accessibles à toutes et tous, les premières soirées Jagaban ont lieu au Break, un club aujourd’hui fermé, situé près de la place de la Victoire, rue Sainte-Catherine. Aucun dress code imposé : chacun·e vient comme il ou elle veut.

    « Faire nos soirées au Break, c’était un bon début car l’adresse était centrale, raconte Charlotte. Mais on s’est vite rendu compte qu’on n’accordait pas aux soirées afro-caribéennes les mêmes lieux qu’aux autres collectifs. »

    Si la scène de musiques électroniques bordelaise, notamment house et techno, s’est largement développée ces dernières années, les musiques afro-descendantes restent encore en marge. La création de collectifs comme Jagaban participe ainsi à la reconnaissance de ces cultures, à la création d’espaces d’échange pour la communauté afro et rendre visible la pluralité des artistes afro-descendant•es de la ville.

    Une année 2026 prometteuse

    Trois ans après leur première soirée, Jagaban s’impose progressivement sur la scène musicale bordelaise. Le collectif investit aujourd’hui des lieux comme le Lieu Chéri, dans le quartier de Belcier, ou le Radisson Blu, près de Bacalan. À ce jour, plus d’une vingtaine de soirées ont été organisées. « Avec nos soirées, on voulait surtout offrir aux Jagabans le sentiment d’être dans une fête de famille, » explique Khazy.


    L’année 2026 s’annonce particulièrement riche pour Jagaban, avec l’annonce de soirées mensuelles au Lieu Chéri. Okinka suivra de près et continuera de soutenir ce collectif émergent de la scène culturelle bordelaise.Le collectif fêtera ses 3 ans le 21 février 2026, et nous avons déjà hâte de célébrer cet anniversaire avec eux.

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